SMS de faux colis : comment reconnaître l’arnaque à la livraison

Un SMS qui vous demande de payer quelques euros pour recevoir, reprogrammer ou débloquer un colis est une arnaque : c’est la règle à retenir. Selon Cybermalveillance.gouv.fr, les entreprises de livraison ne demandent jamais de paiement par SMS ou par mail pour remettre un colis. La Poste le rappelle noir sur blanc sur son site.
Le but n’est pas de vous prendre 1,99 € ou 3 €. Le faux site qui s’affiche après le clic sert à récupérer votre numéro de carte, vos codes de validation et vos coordonnées. Ces données servent ensuite à des débits bien plus lourds.
Faux SMS de livraison : à quoi ressemble le message ?
Le procédé s’appelle le smishing : un hameçonnage par SMS. Le message se fait passer pour Colissimo, La Poste, Chronopost, DPD, Mondial Relay, UPS ou Amazon. Les prétextes reviennent en boucle :
- « votre colis n’a pas pu être livré » ou « vous étiez absent » ;
- « colis trop volumineux pour la boîte aux lettres » ;
- « frais de douane » ou « frais de réexpédition » à régler ;
- « votre colis vous attend en point relais », avec un lien pour obtenir le code de retrait ;
- un créneau de livraison à confirmer.
Le message est court, urgent et sans détail. Il parle de « votre colis » sans numéro de suivi crédible, ou avec un numéro que rien ne relie à une commande réelle. Il s’adresse parfois à vous par votre vrai nom, tiré d’une fuite de données.
La nouveauté : la photo de colis générée par IA
Depuis 2026, certains messages (SMS ou messages enrichis de type RCS) joignent la photo d’un colis à votre nom. L’image est fabriquée par intelligence artificielle. Elle sert à inspirer confiance. Au départ, on vous propose simplement de choisir un créneau. La demande de carte bancaire arrive à l’étape suivante.
Comment reconnaître un faux SMS colis : les 6 signaux
Un seul signal suffit à se méfier. Plusieurs ensemble ne laissent plus de doute.
| Signal | Ce que fait le vrai transporteur | Ce que fait l’arnaqueur |
|---|---|---|
| Expéditeur | Nom court ou numéro court (Chronopost utilise le 38004, selon plusieurs guides) | Numéro de mobile en 06 ou 07, ou adresse e-mail étrange |
| Lien | Domaine officiel (chronopost.fr, laposte.fr, mondialrelay.fr…) | Variantes du type « chronopost-livraison », « .info », « .delivery », « -eu.net » |
| Paiement | Aucune demande de frais par SMS | 1,99 € à 3 € « pour reprogrammer » |
| Colis | Correspond à une commande que vous avez passée | Vous n’attendez rien, ou le transporteur ne correspond pas à votre suivi habituel |
| Ton | Informatif | Urgence, menace de retour à l’expéditeur |
| Suivi | Numéro vérifiable sur le site officiel | Numéro introuvable, ou absent |
Attention à un piège : un lien qui semble officiel ne prouve rien. Le domaine sms.laposte.fr, par exemple, appartient bien à La Poste. Mais un texte affiché peut cacher une autre destination. Ce qui trahit l’arnaque dans ce cas, c’est la demande de paiement.
Comment vérifier un colis sans cliquer sur le lien ?
Le plus simple est de ne jamais passer par le SMS. Procédez ainsi :
- Ne cliquez sur rien et ne rappelez aucun numéro figurant dans le message.
- Rappelez-vous si vous attendez un colis, et auprès de quel vendeur.
- Ouvrez l’application du transporteur ou tapez vous-même son adresse dans le navigateur.
- Saisissez le numéro de suivi indiqué dans votre e-mail de confirmation de commande, pas celui du SMS.
Si le colis n’apparaît pas, ou si vous n’attendez rien, le message est faux. Pour La Poste, un numéro de suivi sans résultat sur colissimo.fr (qui redirige vers laposte.fr) signale la même chose. En cas de doute, regardez aussi l’état de la commande sur le site du vendeur. C’est la méthode que recommandent les services de l’État.
Le même réflexe vaut pour les boutiques : avant de commander, vérifiez si un site de vente en ligne est fiable. Un faux site de vente produit parfois lui-même de faux suivis.
Que faire si vous avez reçu le SMS ?
Le geste est gratuit et prend dix secondes : transférez le SMS au 33700. C’est la plateforme officielle de signalement des spams SMS, indiquée par Cybermalveillance.gouv.fr. Le site 33700.fr fonctionne aussi.
- Transférez le message lui-même. Une capture d’écran ne convient pas pour le transfert par SMS. Le service vous répond ensuite pour demander le numéro de l’expéditeur.
- Supprimez le SMS une fois transféré. Le supprimer sans le signaler vous protège, mais pas vos proches.
- Signalez le faux site à Phishing Initiative si vous avez vu l’adresse.
- Prévenez le transporteur imité. Cybermalveillance liste des adresses : phishing@laposte.fr pour La Poste et Colissimo, abuse@chronopost.fr pour Chronopost et DPD, fraud@ups.com pour UPS, phishing@inpost-group.com pour Mondial Relay.
- Signalez les faits à Pharos sur internet-signalement.gouv.fr si vous le souhaitez.
Pour d’autres messages ou appels louches, notre fiche sur le numéro 016224 montre la même méthode de vérification.
J’ai cliqué ou payé : les gestes dans l’ordre
Si vous avez seulement cliqué sans rien saisir, fermez la page et n’installez aucun fichier. Si l’on vous a fait télécharger quelque chose, coupez la connexion Internet de l’appareil et suivez les conseils de Cybermalveillance.gouv.fr : une application piégée peut envoyer des SMS surtaxés ou voler des mots de passe.
Si vous avez saisi votre carte, agissez dans cet ordre :
- Faites opposition tout de suite, auprès de votre banque (numéro au dos de la carte) ou au 0 892 705 705, ouvert jour et nuit.
- Contestez les opérations non autorisées auprès de votre banque, par écrit, en précisant « fraude suite à un phishing par SMS ».
- Déposez plainte en commissariat, en gendarmerie ou en ligne. Le récépissé accompagne la demande de remboursement.
- Signalez les achats frauduleux sur Perceval, la plateforme de la gendarmerie.
- Changez les mots de passe des sites où la carte était enregistrée.
- Surveillez vos relevés pendant au moins un mois.
Un point demande de la vigilance : vos données volées servent souvent à une seconde attaque. Un appel d’un prétendu conseiller de votre banque peut suivre le SMS de colis. Raccrochez et rappelez le numéro officiel. Le détail est dans notre guide sur le faux conseiller bancaire. Si vous avez donné votre adresse et votre téléphone, attendez-vous à d’autres messages ciblés.
Vous pouvez aussi vous faire accompagner gratuitement par France Victimes au 116 006, tous les jours de la semaine.
Notre avis
La règle tient en une ligne : aucun transporteur ne vous fait payer par SMS. Un message avec lien et paiement se traite comme une arnaque, même s’il cite votre nom, votre adresse ou une photo de colis. À éviter : cliquer « pour vérifier », rappeler le numéro du message ou répondre « STOP ». Le bon réflexe est de passer par l’appli du transporteur, puis de transférer le SMS au 33700. Pour suivre d’autres pièges du même genre, consultez la rubrique avis, arnaques et pièges à éviter.
Vos questions sur les faux SMS de colis
Que faire si j'ai cliqué sur le lien d'un faux SMS de colis ?
Si vous n'avez rien saisi, fermez la page et supprimez le SMS après l'avoir transféré au 33700. Si vous avez entré votre carte, faites opposition tout de suite auprès de votre banque ou au 0 892 705 705, puis contestez les débits et déposez plainte.
Comment signaler un faux SMS Colissimo ou Chronopost ?
Transférez le SMS au 33700, gratuit, ou utilisez le site 33700.fr. Vous pouvez aussi alerter le transporteur imité, par exemple phishing@laposte.fr pour La Poste, et signaler le faux site à Phishing Initiative.
Un transporteur peut-il demander des frais par SMS ?
Non. Cybermalveillance.gouv.fr indique que les entreprises de livraison ne demandent jamais de paiement par SMS ou par mail pour remettre un colis. Pour vérifier, ouvrez le site officiel du transporteur et saisissez vous-même le numéro de suivi.