Aller au contenu

Les médiums : ce qu’ils font, ce que dit la science, ce que ça coûte

Loisirs, culture et people
Photo : Efca Prod, CC BY-SA 3.0

Un médium est une personne qui prétend servir d’intermédiaire entre les vivants et les esprits des défunts. Aucune preuve admise par la communauté scientifique n’a confirmé ce don, mais le marché, lui, est bien réel : séances en cabinet, spectacles, plateformes téléphoniques facturées à la minute.

Qu’est-ce qu’un médium, et en quoi diffère-t-il d’un voyant ?

Le mot vient du latin medium, « milieu », « intermédiaire ». Il s’est imposé avec le spiritisme au XIXe siècle. En 1861, Allan Kardec publie Le Livre des médiums, deuxième ouvrage fondateur de sa doctrine : il y décrit la médiumnité comme une faculté expérimentable et enseignable.

Dans le langage courant, les deux termes se confondent. La distinction reste simple :

  • le médium dit recevoir des messages de personnes décédées ;
  • le voyant dit anticiper des événements à venir ;
  • le tarologue ou l’astrologue s’appuie sur un support (cartes, thème astral) et ne prétend pas forcément à un don.

Autre point à savoir : en voyance, il n’existe aucun titre reconnu. N’importe qui peut s’annoncer médium, sans diplôme ni contrôle de compétence.

Comment se passe une séance avec un médium ?

Le schéma est presque toujours le même. Le médium lance des descriptions larges : « un homme âgé, une figure paternelle, des soucis du côté de la poitrine ». Chaque réaction du consultant fournit une information de plus, et la description s’affine.

Les psychologues appellent cela la lecture à froid : obtenir des informations sur quelqu’un grâce à l’observation de ses réactions et à des questions imprécises. Ce mécanisme n’implique pas forcément la mauvaise foi. Le praticien peut lui-même croire à ce qu’il perçoit.

S’y ajoute l’effet Barnum, c’est-à-dire la tendance à se reconnaître dans des phrases vagues. C’est le même ressort que pour l’horoscope. Une personne en deuil, qui veut entendre un message, valide plus facilement : c’est la « validation subjective ».

Les médiums ont-ils été prouvés par la science ?

La réponse courante des chercheurs en psychologie est non. Ceux qui étudient la médiumnité depuis plus d’un siècle l’attribuent à la fraude, à l’hypnose, à la suggestion et à la pensée magique. L’histoire compte des cas célèbres : l’Italienne Eusapia Palladino, qui faisait léviter des tables, a été surprise plusieurs fois à tricher. Le psychologue américain William James, lui, a longuement étudié Leonora Piper sans conclure.

Une minorité de chercheurs défend une autre lecture. La plus connue est Julie Beischel, qui a cofondé le Windbridge Institute en Arizona. Son protocole est le suivant :

  1. chaque médium reçoit uniquement le prénom de deux personnes décédées, sans autre indication ;
  2. il répond à une série de questions pendant la lecture, sans voir le consultant ;
  3. les deux transcriptions sont anonymisées ;
  4. le proche d’un des défunts évalue les deux textes sans savoir lequel lui est destiné.

Ce protocole vise à écarter la lecture à froid et les recherches sur Internet. Des synthèses en circulation évoquent des taux de réussite un peu supérieurs au hasard, autour de 56 % contre 50 % attendus dans les meilleures études. Mais l’écart entre études est fort, les biais de publication sont possibles, et ces résultats n’ont pas fait basculer la science. Notre lecture : les résultats annoncés par Windbridge sont à prendre comme des hypothèses de recherche, pas comme une confirmation.

En France, l’Institut métapsychique international, fondé en 1919 à Paris, a travaillé sur la médiumnité pendant des décennies. Ses archives ont une valeur historique, ses protocoles récents restent limités. Pour le cadre général, la page parapsychologie résume ce que les expériences ont établi et ce qu’elles n’ont pas établi.

Combien coûte une consultation de médium ?

Les tarifs varient trop pour donner un prix unique. En revanche, les enquêtes de presse donnent des repères sur les plateformes téléphoniques :

Cas relevéTarifConséquence
Plateforme Cosmospace (franceinfo)10 minutes offertes, puis 3,50 € la minute, jusqu’à 9,50 € pour les médiums les plus chersUne cliente a dépensé 44 000 € en cinq ans
Enquête du JDD sur la voyance en ligne4 € la minute après un tchat gratuitUne heure de conversation : 240 €
Autre témoignage du même articlePassage d’un médium à l’autrePlus de 30 000 € dépensés

Le mécanisme est connu. Les anciens salariés interrogés par franceinfo affirment que les voyants sont formés pour ne pas dire grand-chose pendant les dix premières minutes gratuites, afin que le client prolonge. Le site mis en cause répond que chaque client est libre d’interrompre sa consultation à tout moment. Dans l’enquête du JDD, des conseillers payés au pourcentage sont décrits comme formés à garder le client en ligne le plus longtemps possible.

Un prix élevé ne dit rien du « don » du praticien. Le tarif à la minute est le plus risqué, puisque la facture grimpe sans que vous voyiez le compteur. Le détail des tarifs et des règles est dans notre dossier voyance en ligne.

Que dit la loi et comment éviter les pièges ?

La voyance n’est pas interdite. Elle relève du droit commun. Deux textes comptent pour le consultant :

  • l’article 223-15-2 du Code pénal, qui sanctionne l’abus de faiblesse envers une personne en état de vulnérabilité ;
  • l’article L121-1 du Code de la consommation, qui interdit les pratiques commerciales trompeuses, dont la publicité mensongère sur les tarifs.

Les signaux d’alerte sont toujours les mêmes :

  • une « voyance gratuite » qui demande vos coordonnées bancaires ;
  • un discours sur l’envoûtement ou le « blocage énergétique » après quelques minutes ;
  • un rituel, un grigri ou une prière à plusieurs centaines d’euros. Un témoignage rapporte une séance à 50 € suivie d’un rituel « ultime » à 1 000 € ;
  • un conseiller qui vous presse de rappeler « tout de suite ».

Le profil le plus exposé est celui d’une personne fragilisée par une rupture ou un deuil. Selon une étude IFOP de décembre 2020, un quart des Français disent avoir déjà consulté un voyant, et 58 % adhèrent à au moins une discipline des parasciences, 69 % chez les 18-24 ans. Le public est large, les arnaqueurs le savent. D’autres cas du même genre sont recensés dans la rubrique avis et arnaques.

Le plus sûr si vous consultez malgré tout : fixer un budget total avant l’appel, choisir un forfait au prix fixe plutôt qu’à la minute, et couper à l’heure prévue. À éviter : tout service qui exige une carte bancaire pour une séance « offerte ».

Notre avis

Les médiums relèvent de la croyance et du divertissement, pas d’un savoir démontré. Pour un deuil, l’effet de réconfort peut exister, mais il vient de la situation d’écoute et du récit, pas d’une communication prouvée. Les travaux de Julie Beischel ouvrent une discussion, ils ne valent pas preuve.

Notre position est nette : si vous êtes curieux, privilégiez une séance unique, au prix annoncé, en face à face ou à tarif fixe, et fixez le plafond avant. À fuir : les plateformes à la minute et les offres de rituels. Sur le terrain de la prédiction, la page peut-on prédire le futur ? donne les chiffres. Et pour mettre un budget à l’abri de ce genre de dépense impulsive, la rubrique argent, impôts et placements est plus rentable que n’importe quelle boule de cristal.

Vos questions sur les médiums

Quelle est la différence entre un médium et un voyant ?

Le médium dit communiquer avec les défunts, tandis que le voyant prétend anticiper l’avenir. Dans la pratique, beaucoup de professionnels se présentent comme les deux à la fois, et aucun titre officiel n’encadre ces appellations.

Les médiums sont-ils prouvés scientifiquement ?

Non, pas au sens d’un consensus. La psychologie explique leurs résultats par la lecture à froid, la suggestion et la validation subjective. Quelques chercheurs, comme Julie Beischel au Windbridge Institute, publient des protocoles contrôlés, mais leurs résultats restent discutés.

Combien coûte une consultation avec un médium ?

Sur les plateformes téléphoniques relevées par la presse, comptez de 3,50 € à 9,50 € la minute chez Cosmospace après 10 minutes offertes, et jusqu’à 4 € la minute dans une autre enquête. Une heure peut atteindre 240 €.

Dans la même rubrique : Loisirs & culture

Toute la rubrique Loisirs & culture